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1.6 - Historicité du français
1.6.1 - Quelle est la date du début de la présence de la langue française dans le pays ou dans la région ?
Le français est présent au Liban depuis le XIXe siècle, essentiellement par la présence de missions chargées d'assurer l'enseignement. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, l'Empire ottoman fut démantelé et le Liban passa sous mandat français en 1920. C’est à ce moment que les frontières actuelles du «Grand Liban» furent créées et que s’implanta assez durablement la langue française.
1.6.2 - A-t-elle accompagné une présence politique de la France ? Si oui, mentionner la forme prise par cette présence politique à ses débuts.
En 1840 éclata un soulèvement contre les abus de Bachir II Chihab et de son suzerain, Méhémet-Ali, vice-roi d'Égypte et maître du pays depuis 1831. Les puissances européennes assurèrent la protection de certains groupes ethnico-religieux.
La France et la Grande-Bretagne intervinrent pour assurer la protection de certains groupes ethno-religieux, la guerre ayant éclaté entre druzes et maronites. Un gouvernorat autonome maronite, placé sous la protection de la France, fut créé en 1864. La présence politique de la France est apparue comme une volonté tacite de protéger la seconde communauté.
1.6.3 - La présence de la langue française a-t-elle connu des périodes d'interruption depuis son début dans le pays ? Si oui, préciser les dates et les raisons de ces interruptions.
La présence de la langue française n'a pas connu d'interruption au Liban depuis ses débuts, mais elle a subi le contrecoup de l'idéologie pan-arabe qui prônait l'arabisation des programmes scolaires et de la société d'une manière générale, sans que jamais il n'y ait eu une législation dans ce sens.
Le français subit, depuis 1980, la forte concurrence de l'anglais comme langue seconde, et ce pour plusieurs raisons. D'une part, une bonne partie de l'establishment politique au pouvoir actuellement est essentiellement anglophone. D'autre part, l'anglais est aujourd'hui la langue étrangère la plus choisie par la jeune génération et elle est de plus en plus utilisée pour les affaires.
Dans son ouvrage Le point sur le Liban, (Maisonneuve et Larose, 1998), Gérard Figuié fait preuve de plus d'optimisme : "En réalité, le Liban se dirige vers le trilinguisme avec l'arabe comme langue parlée de base, langue officielle et de culture, le français comme langue de communication nationale, de formation et de culture, l'anglais comme langue de communication internationale et d'information".
Par ailleurs, les conclusions principales d'une enquête menée pour le compte de l'Agence universitaire de la Francophonie par une équipe de l'Université Saint-Joseph de Beyrouth, dirigée par le Père Sélim Abou, précisent que la demande de français, d'abord cantonnée à la communauté chrétienne, s'est largement étendue à la communauté musulmane, notamment aux chiites - sous l'effet d'une émigration en Afrique francophone - et aux druzes, traditionnellement "clients" de l'anglais.[…]. Deux ombres au tableau : d'abord la qualité du français baisse, comme si sa progression horizontale entravait son développement vertical. D'autre part, les francophones expriment une sorte de résignation face à l'hégémonie de l'anglais : 61.5% des sondés estiment que la langue de Shakespeare est la plus utile pour l'avenir du pays.
1.6.4 - Le pays a-t-il connu à un moment donné de son histoire une forte immigration francophone ? Si oui, préciser les dates et l'origine des immigrants.
Parmi les cinq vagues d'immigration qu'a connues le Liban jusqu'à présent, aucune ne peut être considérée comme francophone.
Contacts :
Bureau Moyen-Orient
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